5  décembre  2018

                    

De nombreux militants sont venus, ce 27 novembre, à l’auditorium du Centre Marceau, à Paris. Au cœur de cette rencontre, la réflexion conjointe pour l’édification d’un nouveau système de retraite. Jean-Paul Delevoye, haut commissaire à la réforme des retraites, a répondu à l’invitation de la CFTC et a tracé, pour les militants, les premiers contours du projet. Plusieurs experts sont ensuite venus poursuivre la réflexion.

 

 

« Loin d’être un énième replâtrage, il s’agit de construire un système qui se veut plus clair et plus équitable », précise ainsi Jean-Louis Deroussen, conseiller du président confédéral. Et ce, en dehors de toute urgence liée à un déficit. En prenant le temps de poser les termes du débat auprès des partenaires sociaux comme des citoyens, consultés sur Internet durant cinq mois.

         

Quel intérêt d’opérer une réforme de plus si le système actuel reste financièrement viable, peut-on légitimement se demander. Et si l’on cessait d’attendre la survenue d’une crise pour agir ? La CFTC ne peut que partager cet avis. D’autant que le système comporte tout de même quelques fragilités, s’appuyant très (trop) sur le taux de natalité et l’inflation. Qu’il essuie une véritable crise de confiance auprès de la population, surtout des jeunes. Et, enfin, qu’il répond mal aux défis actuels (davantage de polypensionnés et de parcours professionnels fragmentés).

Vers quel système s’oriente-t-on ?

Jean-Paul Delevoye se veut rassurant : pas question de toucher à la répartition (les actifs paient les retraites actuelles), ni à l’âge légal de départ à la retraite (62 ans). L’idée est de refondre les 42 régimes qui coexistent aujourd’hui en un seul, à budget constant. Les revenus d’activité seraient pris en compte dans la limite de trois plafonds de la sécurité sociale, soit 120 000 € par an. Les annuités seraient vraisemblablement remplacées par des points, acquis en fonction des cotisations sur l’ensemble de la carrière et au titre de la solidarité.

Bien sûr, beaucoup de questions restent à trancher : faut-il étendre les droits conjugaux, notamment la réversion, aux couples pacsés ? Comment intégrer les primes dans la retraite des fonctionnaires ? Doit-on indexer la valeur du point sur les prix (comme aujourd’hui), les salaires, les deux ? Faut-il convertir les anciens droits et comment ? Quid de l’emploi des seniors, qui reste faible ?


Marco Geraci, de la Cour des comptes, est intervenu pour éclairer ces aspects, plus techniques. Comme le souligne Philippe Louis, les règles techniques sont établies pour servir des objectifs politiques. Et c’est au bien-fondé de ces objectifs que la CFTC veillera, au cours des quelques semaines restantes de concertation. Quant à la gouvernance du futur système, la CFTC rappelle sa légitimité en tant que cogestionnaire avisée de l’Agirc-Arrco.

 

La retraite n’étant autre qu’un « salaire différé », personne n’est mieux placé que les partenaires sociaux pour en ajuster la mécanique.

Les pensions de réversion, l’une des « lignes bleues » de la CFTC

C’était une demande de la CFTC et elle a été entendue : pas question de supprimer les droits acquis, dont les pensions de réversion. La CFTC défend une harmonisation au plus favorable des règles d’attribution et de calcul de la pension, comme cela a été fait dans le régime unifié Agirc-Arrco. Elle a par ailleurs été la seule OS à demander la mise en place d’un dispositif de compensation pour les aidants familiaux, souvent contraints d’interrompre leur carrière.

 

                                                                                                    

 

Bureau CFTC DDFiP Pas de Calais. Il manque sur cette photo : Valérie Hollandre, Frédérique Davigny, Anne-Laure Waguet et Clémentine Leuthreau, qui sont membres du Bureau.

 

  C F T C  DGFIP  62 : Agir pour ne pas subir

CFTC DGFiP 62 : 2003  /  2018