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Depuis le
mois de janvier, les chercheurs du CNRS se
sont lancés sur l'outil souverain Visio,
travail de la Direction Interministérielle du
Numérique. Le gouvernement ambitionne d'en
faire, d'ici 2027, la seule et obligatoire solution
de visioconférence pour tous les agents de l'État,
afin de sortir de la dépendance aux outils américains.
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Nous sommes devenus accro aux outils américains,
et il faut sortir de cette dépendance, a
annoncé, David Amiel, ministre délégué
à la Fonction publique et à la réforme
de l’État, devant une centaine de
chercheurs du centre national de la recherche
scientifique (CNRS). Le ministre a fait
le déplacement, à Gif-sur-Yvette, au sein
des laboratoires du centre de recherche français
aux côtés de Stéphanie Schaer, la
directrice interministérielle du numérique (Dinum),
pour officialiser le lancement de Visio à
tous les agents de l’État.
La visioconférence
est devenue, depuis la crise du covid en 2020,
un outil indispensable au sein des services
publics, a précisé David Amiel. Mais les
dépendances les plus anodines à ces outils
de notre quotidien peuvent désormais se
retourner contre nous, et en cas de crise,
permettre à nos adversaires de nous prendre
à la gorge, a-t-il ajouté, en référence
aux tensions croissantes qui se jouent outre-Atlantique et
dans le sillage du bras de fer entre Donald Trump et
Emmanuel Macron, vendredi dernier, à
l’occasion du forum économique mondial de Davos.
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Accélérer sur le sevrage aux dépendances américaines … |
Dans une
volonté non dissimulée de mettre fin au shadow
IT, l’utilisation clandestine d’outils
grand public et surtout américains, par les
agents de la fonction publique, le ministre a
insisté sur la nécessité d’accélérer
sur le sevrage aux dépendances américaines et
de ne plus avoir recours à des solutions dont
les infrastructures ne dépendent pas de nous pour
assurer la protection des données françaises.
C’est
donc pour illustrer cette accélération que
les agents de la Dinum ( Direction Interministérielle
du Numérique
) ont procédé
à une démonstration en direct – sans
accroc, une fois n’est pas coutume – de
l’outil Visio de visioconférence, de
sa fonction de transcription en direct et de
son sous-titrage immédiat, devant la centaine
de chercheurs présents. Visio, qui reprend
les codes classiques de la visioconférence,
est un outil bâti sur les fondations de trois
entreprises françaises : l’hébergeur
labellisé SecNumCloud Outscale,
l’entreprise Kyutai, spécialisée dans la
retranscription instantanée – comprendre
ici les sous-titres en direct -, et enfin
Pyannote, pour la reconnaissance vocale et la
transcription textuelle. L’outil se
travaille aussi en interministériel : un
club des ministères, qui planche sur
l’outil avec les équipes de la Dinum,
est chargé d’en édicter les évolutions.
Pour cela, la totalité des ministères
ont mis la main au portefeuille à hauteur de
2,3 millions d’euros pour son
financement. Si l’enveloppe totale
reste non dévoilée, David Amiel affirme
que la solution est rentable en raison de l’économie
faite, à hauteur de plusieurs millions d’euros,
en se passant des surcoûts des
solutions extra-européennes.
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40.000 utilisateurs de Visio en janvier
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Ce n’est pas
un hasard si la démonstration s’est
produite au sein du plus grand centre de
recherche français : une partie des
agents du CNRS s’est rapidement portée
volontaire pour tester la solution. Plus gros
utilisateur de l’outil aujourd’hui,
l’organisme a fait monter à 40.000 le
nombre d’usagers sur le seul mois de janvier 2026.
La volonté est de déployer l’outil à
la totalité des centres en France ces
prochains mois, ce qui représente 120.000 personnes.
Dès mars prochain, nous allons mettre fin à
l’utilisation de nos outils actuels, tels
que Zoom ou Citadel, a affirmé Alain Schuhl,
directeur général délégué à la science
du CNRS.
D’ici
2027, l’État ambitionne que Visio devienne
le seul et obligatoire dispositif de visioconférence,
de la même manière que la messagerie sécurisée
Tchap fut, l’été dernier, intronisée
comme solution unique pour ses agents. Pour soutenir
ce déploiement, la Dinum entamera dès
le printemps prochain une tournée des
services déconcentrés, pour présenter Visio et
les autres outils de LaSuite, sa suite
bureautique souveraine, avec un premier stop
en Bourgogne-Franche-Comté, premier
volontaire du road-trip de la Dinum.
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Construire un écosystème souverain ... |
Le message est clair : il n’est plus
question d’avoir une administration dépendante
d’outils américains et il s’illustre récemment
par la multiplication des partenariats mis en
place par le gouvernement, à commencer par
l’adoption de l’assistant IA proposé aux
agents sur le modèle de Mistral, désormais
expérimenté par 10.000 d’entre
eux au sein des ministères. Le chantier
pour sortir de la dépendance est encore
immense et devant nous, a développé David Amiel,
en assurant de la volonté de l’exécutif de
mettre à profit les champions français en la
matière grâce à la commande publique. Nous devons
créer, à notre échelle, une base
industrielle et technologique du numérique,
prendre les devants pour ne pas devenir accros
aux outils d’intelligence artificielle américains
et, pour cela, la construction de notre écosystème
souverain est la prochaine frontière à
franchir a-t-il conclu. Prochaine étape :
la volonté de l’exécutif doit être
formalisée par le biais d’une circulaire sur
les évolutions prochaines de la commande
publique numérique. |
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