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    Lundi
       28 septembre 2026
                   à 8 h 00
                

       Fonction publique :  la hiérarchie peine à préserver le sens au travail ... 

 

                    

Très attachés à leurs missions, mais de plus en plus empêchés de les exercer dans de bonnes conditions, les agents publics entretiennent un rapport ambivalent avec leur hiérarchie.

 
 
                                          

  

 

 

 

 

 

 

 

Selon une vaste enquête menée par le collectif  « Nos services publics », le manque de reconnaissance, les inégalités entre catégories et l'immobilisme face aux dysfonctionnements managériaux nourrissent une défiance croissante. Au point que, pour préserver le sens de leur travail, une majorité d'agents se disent parfois prêts à s'écarter des consignes.

Quel rapport les fonctionnaires entretiennent-ils avec leur hiérarchie ? Dans un univers encore largement dominé par des relations verticales et descendantes mais percuté par les aspirations de nouvelles générations pour davantage d’autonomie, la question mérite d’être posée.

Pour obtenir une photographie de la situation, le collectif de fonctionnaires marqué à gauche, « Nos services publics », a mené une vaste étude au titre évocateur : Travailler dans le service public : enquête sur le vécu des agents, dont les résultats ont été rendus publics le 17 septembre.

Que font les agents publics ? Comment s’organisent-ils individuellement et collectivement ? Dans quelles conditions et contextes organisationnels leurs missions se déploient-elles ? Et surtout, que se passe-t-il lorsque les conditions permettant la bonne réalisation des missions de service public ne sont plus réunies ? Ce sont autant d’interrogations soulevées par l’étude. Elle a reçu les réponses de plus de 20.000 témoins interrogés en ligne dans la fonction publique et aussi parmi des agents des services publics hors fonction publique, à travers une centaine de questions et une attention particulière portée aux différents maillons de la chaîne hiérarchique.

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Travail empêché ...

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Premier enseignement qui ressort dans de nombreuses études menées auprès des agents publics, ces derniers sont attachés à leurs missions de service public mais se disent globalement empêchés de bien faire leur travail. Une notion de travail empêché largement documentée par la littérature scientifique comme ayant un impact extrêmement négatif sur le bien-être au travail.

 

Ainsi, un répondant sur trois déclare sacrifier souvent ou très fréquemment la qualité de son travail et un sur deux le faire parfois. On apprend également que 35 % des agents de la fonction publique d’État déclarent souvent ou très fréquemment avoir davantage le sentiment de servir des intérêts particuliers des managers, des politiques ou d’entreprises que de servir l 'intérêt général. Ce chiffre s’établit à 37 % chez les agents publics territoriaux et bondit à 42 % dans l’hospitalière. Dans le même temps, la reconnaissance sociale, les perspectives de promotion et la rémunération sont jugées insuffisantes par près de deux répondants sur trois sur l’ensemble des versants.

Un autre enseignement n’a rien d’étonnant mais mérite d’être souligné : il existe de forts déséquilibres visibles dans les réponses des agents sur leur rapport à la hiérarchie selon les catégories et les niveaux de responsabilités. Le vécu au travail présente de fortes disparités catégorielles au détriment des catégories moins élevées, précisent les auteurs de l’étude. La proportion d’agents jugeant leur ambiance de travail mauvaise ou très mauvaise s’élève à 31 % des catégories A+, un chiffre non négligeable, 35 % chez les agents de catégorie A, 41 % chez les B et 48 % en catégorie C. Les écarts sont aussi nets dans d’autres domaines interrogés comme les possibilités de développer ses compétences, le sentiment de recevoir de l’estime et le respect que l’on mérite ou plus généralement le bien-être au travail, détaille le document restituant l’étude.

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