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Les avertissements se
multiplient, mais les véritables politiques
pour contrer le phénomène peinent à se
mettre en place. D’ici 2060, la population
en âge de travailler devrait diminuer de 8 %
dans les pays de l’OCDE. Face à ce
manque de travailleurs, il faut agir sur tous
les fronts, a averti l’OCDE dans le
cadre d’un colloque organisé par la
direction générale de l’administration et
de la fonction publique (DGAFP) sur le
management intergénérationnel. Il faut
à la fois garder les travailleurs âgés plus
longtemps et permettre, dans le même temps,
l’entrée des jeunes. Et cela doit commencer
par la fonction publique.
L’OCDE a travaillé sur
l’âge des employés dans les
administrations centrales de ses pays membres.
Il en ressort que, dans une majorité des
pays, une grande partie des agents ont plus de
55 ans. Ils représentent environ 30 %
des effectifs en France, ce qui fait de la
fonction publique française l’une des plus
âgées des pays de l’OCDE. À noter tout de
même que le défi est encore plus important
en Italie, qui compte 55 % d’agents de
plus de 55 ans, ou encore en Espagne qui en
compte 48 %.
On ne peut plus le nier, une grande vague de départs
à la retraite est attendue dans les
prochaines années, il est urgent de
remplacer les agents qui partent et de
s’assurer que les administrations conservent
les bonnes compétences et les bons profils
pour répondre aux défis de demain.
Pour
la fonction publique française comme pour
celle de l’ensemble des pays de l’OCDE, la
question n’est pas seulement démographique.
Elle est aussi organisationnelle. Les
administrations doivent absolument savoir
comment garantir la transmission des compétences
dont elles auront besoin à l’avenir. Une
partie de la réponse est d’attirer plus de
jeunes vers la fonction publique. Et
c’est un exercice auquel les administrations
ont encore du mal à se livrer. Pour s’en
faire une idée, l’OCDE a étudié la place
des jeunes dans les institutions publiques
chargées des affaires de la jeunesse, comparée
à celle qui leur est laissée dans les
administrations centrales. Dans la
plupart des pays, les administrations
publiques chargées de la jeunesse comptent
plus de jeunes que l’administration
centrale, décrypte l’OCDE . C’est
une bonne nouvelle, car cela montre une réelle
volonté d’intégrer les jeunes à la
fonction publique, mais aussi leur point de
vue dans l’élaboration des politiques
publiques dont ils sont destinataires. |