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Dans sa
nouvelle copie du budget 2026, le gouvernement
Lecornu a évincé deux mesures adoptées en décembre
par le Sénat concernant les fonctionnaires :
le non-remplacement d'un agent sur deux et
l'allongement à trois jours du délai de
carence.
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Une décision
qui se lit entre les lignes du budget, à
travers le rétablissement de 462 millions
d'euros de crédits supprimés par les sénateurs. |
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Le Sénat avait adopté, le 6 décembre
dernier, deux amendements controversés et
revenant régulièrement sur le tapis au
moment des discussions budgétaires :
l’un sur le non‑remplacement d’un
fonctionnaire sur deux partant à la retraite,
l’autre sur le passage à trois jours du délai
de carence dans la fonction publique. Mais l’écosystème
de la fonction publique peut se rassurer. Dans sa nouvelle
version du budget publiée le 23 janvier
au soir, qui s’appuie sur la copie adoptée
par le Sénat le 15 décembre
dernier et sur laquelle le gouvernement
Lecornu engage à nouveau sa
responsabilité ce mardi 27 janvier, les
mesures n’y figurent plus. Sans grande
surprise, le gouvernement avait préalablement
affirmé son opposition à leur encontre.
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Si ce n’est
pas explicitement mentionné dans le nouveau
projet de budget déposé par le gouvernement,
la décision de ce dernier se traduit dans les
crédits retenus pour financer les différents
programmes ministériels. Car pour donner
corps à ces deux réformes, le Sénat se
devait de les chiffrer, afin de les intégrer
dans le texte budgétaire.
Prenons tout
d’abord l’amendement proposant de porter
le non-remplacement d’un agent public sur
deux partant à la retraite dans la fonction
publique d’État – hors Éducation
nationale et ministères régaliens. Il visait
une diminution de 23.000 ETP, qu’il
estimait à 350 millions d’euros d’économie
à mi-année, en retenant un coût moyen de
30.000 euros par agent en début de carrière.
Il fallait bien trouver une grille pour
retirer ces 350 millions d’euros :
bien qu’il concerne l’ensemble des ministères
et des opérateurs de l’État,
l’amendement déposé par le Sénat
l’avait donc accolé au programme 156,
Gestion fiscale et financière de l’État
et du secteur public local, de la mission
Gestion des finances publiques. Mais ceci
dans un souci de clarté des débats
parlementaires et de lisibilité : in
fine, il était prévu que cette baisse soit répartie
en exécution entre l’ensemble des missions.
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Des économies chiffrées à 462 millions
d’euros au total ... |
La logique était
la même concernant l’allongement du délai
de carence dans la fonction publique pour
aligner le régime des fonctionnaires à celui
du privé. Pour chiffrer la mesure, le Sénat
s’était appuyé sur l’estimation actualisée
du rapport conjoint de l’Inspection générale
des finances et de l’Inspection générale
des affaires sociales daté de juillet 2024,
selon lequel l’extension du délai de
carence à trois jours dans la fonction
publique d’État représenterait 112 millions
d’euros. Cette mesure d’économie
avait elle aussi été imputée au programme
156. L’économie réalisée grâce à cet
amendement ne bénéficierait pas à ce
programme, elle a en effet vocation à être répartie
dans l’ensemble des missions du budget de
l’État, précisait également ce second
amendement sénatorial.
La baisse
des crédits cumulés pour financer les deux réformes
concernant les fonctionnaires s’élevait
donc à 462 millions d’euros. De fait,
dans sa copie finale, le Sénat chiffrait
le programme 156 à seulement 7,84 milliards
d’euros en autorisations d’engagement
environ, contre les 8,3 milliards d’euros
initialement prévus par le gouvernement. Or,
dans le nouveau projet de budget publié, le
gouvernement rétablit les crédits du
programme 156, comme ils étaient quasiment
dans sa version initiale. Confirmé par le
cabinet de la ministre de l’Action et
des Comptes publics, Amélie de Montchalin,
le retrait de ces mesures du texte final a été
rendu effectif par un amendement déposé ce
vendredi 23 janvier par le gouvernement,
qui réhausse effectivement le programme 156 de
462 millions d’euros. |
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La suppression
est davantage explicite s’agissant de
l’allongement du jour de carence des
fonctionnaires : un autre amendement
adopté par le Sénat proposait de passer
par l’insertion d’un article additionnel
à l’article 79, qui inscrirait dans le
marbre que les fonctionnaires civils et les
agents contractuels de l’État ne bénéficient
du maintien de leur traitement ou de leur rémunération,
ou du versement de prestations en espèces par
leur employeur qu’à compter du quatrième
jour du congé. Mais le nouveau texte du
budget 2026 précise que l’article 79 bis
est supprimé, le gouvernement ayant retenu un amendement des
députés écologistes proposant
l’annulation de la mesure. En revanche,
sans surprise, le gouvernement Lecornu a
maintenu d’autres évolutions qu’il avait
lui‑même proposées à l’occasion de
l’examen du PLF au Sénat, à savoir
celles concernant les ruptures
conventionnelles dans la fonction publique et
l’allongement du congé pathologique des
femmes fonctionnaires enceintes.
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