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Attendu
depuis plusieurs mois, le rapport des inspections
générales de l'État sur l'impact de
l'intelligence artificielle dans les
administrations publiques a été rendu public ce
jeudi 2 juillet 2026. Entre 1 et 1,2 million
d'agents publics seraient « significativement
exposés » à ces outils.
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Selon
les auteurs, 700.000 des agent(e)s
pourraient voir leurs tâches partiellement ou
totalement automatisées.
Un constat mesuré, assorti d'un appel à ne
pas confondre vitesse et précipitation.
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Le
rapport s’attelle notamment à évaluer, et
classer, le niveau d’exposition des agents
publics à l’intelligence artificielle. En
reprenant une méthode de calcul utilisée par
l’Organisation internationale du travail (O
I T ) , les auteurs estiment qu’entre 13 % et
20 % des emplois publics français
seraient significativement exposés au
déploiement de ces outils.
Un
peu plus d’un million d’agents publics
pourraient ainsi voir leurs tâches réalisées
en totale autonomie, à terme, par l’IA.
Parmi eux, 700.000 agents seraient particulièrement
affectés, dont de nombreux métiers
administratifs comme les employés de bureau, les secrétaires, les
comptables, les développeurs informatiques ou
encore les contrôleurs des impôts. Une deuxième
catégorie, qui inclut le personnel infirmier,
les professions intermédiaires du travail
social, les professeurs d’université, ainsi
que les cadres administratifs et politiques,
verrait ses tâches modérément automatisées
par l’IA.
La
liste des métiers les moins exposés est
composée, entre autres, des professeurs et
enseignants du primaire et du secondaire, des
aides-soignants, des policiers et agents
d’entretien, des médecins, des juges et des
pompiers. Des métiers, loin des bureaux,
caractérisés par une activité importante
sur le terrain, où l’IA a, par essence, un
impact limité voire inexistant. Mais les
auteurs du rapport nuancent cette dernière
catégorie : ils expliquent, par exemple,
que la catégorisation de l’OIT, qui inclut
les enseignants et les médecins dans le
niveau le moins exposé à l’IA, ne prend
pas en compte certains gains de productivité,
comme l’aide à la notation de copies et la
préparation de cours pour les premiers cités,
et les gains en matière de diagnostics pour
les seconds. |
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Des gains de temps « diffus »
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Au-delà de ces
chiffres, les inspections avancent néanmoins que
les gains de productivité mettent du temps à
se matérialiser et restent rarement mesurés
dans les administrations publiques, où ces
gains sont encore plus difficiles à
observer, peut-on lire dans le rapport. Les
analyses conduites par la mission montrent que
les usages actuels de l’IA génèrent
d’abord des gains de temps diffus pour les
agents et une amélioration de l’efficacité
des processus, sans être mesurés directement
par les administrations publiques. Avant
d’envisager un passage à l’échelle
effectif dans le déploiement de l’IA au
sein des administrations, les inspecteurs préconisent
par ailleurs de partir du travail réel incluant
une association directe des agents.
0
Cet essor de l’IA
dans les administrations publiques remet également
en lumière la nécessité d’une politique
active de gestion des compétences. Les
administrations doivent être en mesure
d’attirer, de fidéliser et de faire évoluer
des profils spécialisés dans les domaines de
la donnée, des systèmes d’information et
du machine learning, dans un contexte de forte tension sur ces métiers,
avertissent les inspecteurs. Ils rappellent également
que l’écart de rémunération avec le
secteur privé, qui peut atteindre 40 à 60 %
pour certains profils expérimentés, ainsi
que la rareté de ces compétences aux niveaux
national et international, rendent
indispensable une réflexion structurée sur
les trajectoires professionnelles, les
conditions d’exercice et les moyens mis à
disposition des agents.
0
Dans
ce contexte, les infrastructures techniques,
les environnements de travail, la clarté des
responsabilités et les perspectives d’évolution
constituent, selon la mission, autant de
facteurs déterminants pour garantir la
présence durable de ces compétences au sein
de l’État dans un contexte de départs à
la retraite massifs. |
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Une nécessaire montée en
compétence des agents publics ... |
D’une manière générale,
l’évolution des métiers et la nécessité
d’intégrer l’IA dans les pratiques
professionnelles appellent également une montée
en compétences généralisée des agents
publics. Selon les auteurs du rapport, cette
dynamique doit être accompagnée par un plan
national de formation et de reconversion qui
ciblerait en priorité les agents les plus
exposés aux usages quotidiens et aux décisions
assistées par l’IA ainsi que les
responsables de projets. En renforçant
la capacité des administrations à développer
et à mobiliser les compétences nécessaires,
l’administration complète les moyens et
conforte les possibilités de son autonomie
stratégique, résument les
inspecteurs.
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Pour
anticiper l’avenir, l’enjeu principal ne
semble donc plus être l’adoption de l’IA,
car le mouvement est déjà largement engagé,
mais bel et bien sa transformation en capacité
d’amélioration durable pour le service
public, les agents et les usagers. La mission
conclut, dans ce cadre, que l’IA constitue
moins un objet technique
qu’un levier de transformation des
organisations, des processus et des compétences,
au service de l’efficacité des politiques
publiques. |
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