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Si l’annonce n’est pas vraiment
une surprise, elle suscite de vives réactions
au sein de la fonction publique. Dans une
interview au Figaro publiée le 17 septembre,
le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé
les principaux arbitrages de l’exécutif sur
le budget 2027, alors que se tenait un séminaire
gouvernemental à Matignon à la mi-journée.
À cette occasion, le couperet est
tombé. Le point d’indice des fonctionnaires
sera gelé l’année prochaine. Une décision
qui permettrait, selon Matignon, de dégager 2
milliards d’euros. Nous ouvrirons des
discussions avec les syndicats pour éviter
que les fonctionnaires ayant les salaires les
plus bas ne soient exposés à l’inflation,
a ajouté le Premier ministre.
En pleine préparation de la
mobilisation du 29 septembre prochain
pour le pouvoir d’achat des agents publics,
et des élections professionnelles, nos
organisations syndicales ne cachent pas leur
colère. Le gel de la valeur du point
d’indice depuis 2023 devient complètement
improductif et insupportable alors que les
prix continuent d’augmenter, une inflation
à 2,4 % en août, rien en 2024 ni en
2025 ni en 2026 et maintenant non plus en
2027, nous disons, ça suffit. Cette décision
relève
d’un manque de reconnaissance des
agents et de leur engagement. C’est
contre-productif sur le plan économique et
sur l’avenir de la fonction publique.
On
voit également un risque de désamour
des agents publics vis-à-vis de leurs
employeurs qui agira sur leur volonté de se
mobiliser à la fois pour ce gouvernement,
mais aussi pour le prochain. Les annonces budgétaires
du Premier ministre sont qualifiées de scandaleuses.
Alors que la situation salariale des agents
publics est catastrophique, avec 16 % de
perte de pouvoir d’achat depuis l’arrivée
d’Emmanuel Macron au pouvoir et 862.000
agents publics sous le Smic, des inégalités
persistantes entre les hommes et les femmes, Sébastien
Lecornu met le feu aux poudres en annonçant
une nouvelle année de gel de la valeur du
point d’indice. Les cartes sont mises sur la
table malgré les alertes posées depuis
plusieurs mois, voire plusieurs années, et vu
la conjoncture, le décrochage des rémunérations
des agents publics ne va pas s’arrêter de
sitôt.
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