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Cela
ne vous aura pas échappé, nous vivons l’un de
ces moments où l’équilibre du monde bascule vers
un horizon encore très indéterminé. Ce
basculement trouve l’un de ses théâtres les plus
violents dans le commerce mondial.
Par
Cyril Chabanier, Président de la C F T C
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La
guerre commerciale n’est plus une simple
formule mais une réalité faite de
droits de douane punitifs qui freinent
nos exportations et menacent, par ricochet, la
pérennité de nos emplois en France et en
Europe. Face à cela, la CFTC ne peut rester
silencieuse. |
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Le
constat de nos fragilités ... |
La
crise sanitaire a été un révélateur brutal
de nos dépendances. Comment accepter que nous
ne puissions plus produire le paracétamol ou
les puces électroniques indispensables à
notre quotidien, sans dépendre de l’Asie?
Plus grave encore, sous la pression des géants
technologiques américains, c’est notre
souveraineté numérique et informationnelle
qui s’effrite. Quand deux tiers de nos
paiements numériques en zone euro dépendent
de réseaux transatlantiques, ce n’est plus
de l’échange, c’est une vulnérabilité
systémique. Une autre « bascule »
s’impose pour protéger nos industries, nos
emplois et, in fine, notre liberté.
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Pour
un protectionnisme intelligent ... |
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L’heure
est à l’invention d’un « protectionnisme
intelligent ». Entendons-nous bien : il ne
s’agit pas d’un repli sur soi. La CFTC
n’oublie pas que l’ouverture des échanges
a historiquement porté les progrès de
l’humanité. Mais nous ne pouvons plus être
les « idiots utiles » d’une
mondialisation dont nous serions les seuls à
respecter les règles.
Ce
protectionnisme appelle un État et des
institutions européennes « stratèges »,
capables d’investir massivement là où nous
ne pouvons rester dépendants. L’urgence est
à la réindustrialisation. Si les fonds
publics sont un levier, ils devront
s’accompagner d’une mobilisation des
capitaux privés pour financer les solutions
françaises et européennes de demain. Ils
devront cibler les industries dont le statut
« prioritaire » devrait être démocratiquement
tranché, je pense notamment à l’émergence
d’une filière de recyclage des matières
premières qui nous font cruellement défaut.
C’est
tout le sens de notre engagement dans
l’alliance pour le « Fabriqué en
France ». Au cœur de cette alliance, la
CFTC veillera à ce que le « Made in
France » ne devienne pas le prétexte à
un dialogue social bâclé ou à une réduction
des droits des salariés. |
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Des
atouts et des motifs d’espoir ... |
Malgré
la rudesse du diagnostic, des motifs
d’espoir subsistent. D’abord, la
relocalisation industrielle est un formidable
moteur de cohésion nationale. Une usine qui
s’implante, c’est un territoire et une économie
locale qui revivent. Ce sont des écoles qui
rouvrent et des familles qui se stabilisent.
Ensuite, la France possède des atouts
technologiques majeurs, de Mistral AI pour
l’intelligence artificielle à Vsora pour
les puces haute puissance, sans oublier notre
indépendance dans le secteur de la Défense.
Réunies,
les puissances « moyennes » prêtes
à défendre leurs modèles démocratiques
(UE, Royaume-Uni, Canada, Japon…) rivalisent
avec les USA, première force économique
mondiale. Un rapport de force qui peut leur
permettre demain de produire et commercer
entre elles. De s’ouvrir ensuite au reste du
monde en conditionnant nos échanges au
respect de normes sociales et
environnementales élémentaires. |
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