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La petite musique monte, et pas qu’au sein
du cercle d’experts en cybersécurité :
les cyberattaques contre le service public se
multiplient, les données s’échappent, et
les annonces se multiplient. Mais
l’intrusion d’un cybermalfaiteur au sein
des données fiscales, bastion protégé par
une administration régalienne qui a failli à
son devoir, a un goût de gravité différent.
S’il doit y avoir un sursaut cyber, c’est
maintenant, relève un ancien cadre du numérique
de l’État.
La question qui se pose est la suivante :
quelle est la responsabilité de l’État,
non seulement dans la cyberattaque survenue
fin juin, mais aussi dans la multiplication de
celles-ci ? Doit-on l’imputer aux
politiques, dont la cyber, et plus largement
le numérique, est parfois absente des considérations ?
À l’administration, qui ne met pas
suffisamment en œuvre les politiques de sécurité
pourtant actées depuis quelques années ?
Force est de constater que la question reste
loin d’être tranchée. Elle se révèle
d’autant plus complexe qu’elle implique un
temps long propre à l’administration :
les responsables sont-ils, sinon, ceux qui ont
failli à leur mission hier ?
Les autorités s’engagent sans penser à la
sécurité informatique, car ça ne les engage
en rien. Si ça plante, on passe à autre
chose. Ceux qui vivent des trucs finissent par
partir, passent à autre chose, et cela
devient le problème du remplaçant, s’agace
Stéphane Dubreuil, ancien responsable de
la sécurité des systèmes d’information
(RSSI) au sein de Bercy. Il ne s’agit
pas de réclamer des têtes par principe. Mais
tant que les conséquences seront, encore
demain, supportées par les administrés, dans
leur vie personnelle et quotidienne, et non
par les chefs, il n’y aura pas de sursaut
cyber, a justement rappelé Raphaël Marichez,
ancien chef du Réseau interministériel de
l’État, et ancien agent du RSSI à l’Intérieur, sur
Linkedin. Une posture publiquement abondée
par Patrice Latron, actuel préfet de la Réunion,
preuve que le débat s’est déclenché à
tous les niveaux.
Concernant
la direction générale des finances
publiques, un consensus se dessine autour de
la chronologie de l’attaque. Le ministre
Amiel parle d’investigations approfondies,
mais réalisées seulement après la
revendication par le hacker : là, il y a
une faute morale de la personne collective
qu’est l’État, analyse une source. Concrètement,
l’administration a vu le problème fin juin,
mais n’en a pas tiré toutes les conséquences
et n’a pas prolongé l’investigation. La
question se pose alors : sans la
revendication, qu’en serait-il ?
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