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    Lundi
         24  août  2026
                 à 8 h 00

       Cyberattaque du fisc :  la responsabilité au sein de l'État monte ...

 

                    

Formation, absence de dialogue entre le politique et la technique, absence de sanction… Les critiques pleuvent à l'encontre de l'État, dans le tourbillon de la cyberattaque ayant frappé la direction générale des finances publiques.

 
 

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La petite musique monte, et pas qu’au sein du cercle d’experts en cybersécurité : les cyberattaques contre le service public se multiplient, les données s’échappent, et les annonces se multiplient. Mais l’intrusion d’un cybermalfaiteur au sein des données fiscales, bastion protégé par une administration régalienne qui a failli à son devoir, a un goût de gravité différent. S’il doit y avoir un sursaut cyber, c’est maintenant, relève un ancien cadre du numérique de l’État.

 

La question qui se pose est la suivante : quelle est la responsabilité de l’État, non seulement dans la cyberattaque survenue fin juin, mais aussi dans la multiplication de celles-ci ? Doit-on l’imputer aux politiques, dont la cyber, et plus largement le numérique, est parfois absente des considérations ? À l’administration, qui ne met pas suffisamment en œuvre les politiques de sécurité pourtant actées depuis quelques années ? Force est de constater que la question reste loin d’être tranchée. Elle se révèle d’autant plus complexe qu’elle implique un temps long propre à l’administration : les responsables sont-ils, sinon, ceux qui ont failli à leur mission hier ?

 

Les autorités s’engagent sans penser à la sécurité informatique, car ça ne les engage en rien. Si ça plante, on passe à autre chose. Ceux qui vivent des trucs finissent par partir, passent à autre chose, et cela devient le problème du remplaçant, s’agace Stéphane Dubreuil, ancien responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) au sein de Bercy. Il ne s’agit pas de réclamer des têtes par principe. Mais tant que les conséquences seront, encore demain, supportées par les administrés, dans leur vie personnelle et quotidienne, et non par les chefs, il n’y aura pas de sursaut cyber, a justement rappelé Raphaël Marichez, ancien chef du Réseau interministériel de l’État, et ancien agent du RSSI à l’Intérieur, sur Linkedin. Une posture publiquement abondée par Patrice Latron, actuel préfet de la Réunion, preuve que le débat s’est déclenché à tous les niveaux.

 

Concernant la direction générale des finances publiques, un consensus se dessine autour de la chronologie de l’attaque. Le ministre Amiel parle d’investigations approfondies, mais réalisées seulement après la revendication par le hacker : là, il y a une faute morale de la personne collective qu’est l’État, analyse une source. Concrètement, l’administration a vu le problème fin juin, mais n’en a pas tiré toutes les conséquences et n’a pas prolongé l’investigation. La question se pose alors : sans la revendication, qu’en serait-il ?

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À qui la faute ?  ...

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La responsabilité de l’État en matière de cybersécurité semble désormais pleinement établie. Si la cyberattaque survenue au printemps à l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) dit France Titres avait commencé d’entamer sérieusement la confiance envers la sécurité des données, ce nouvel assaut ne laisse plus aucun hasard. Le ver est dans le fruit depuis des années, selon plusieurs observateurs. Je pense que pour la majorité des responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) qui connaissent l’État, ce n’est pas une énorme surprise. Depuis de nombreuses années, on essaye d’éclairer les risques, regrette Stéphane Dubreuil, ancien RSSI de Bercy.

 

Pour un autre interlocuteur, la responsabilité première incombe au politique. Depuis 10 ans, le dernier Premier ministre à s’être intéressé au sujet de la cyber, c’est Manuel Valls. Là est le fond du problème : dans les discours de politique générale depuis le gouvernement Philippe II, on ne parle plus du numérique, détaille un ancien conseiller de l’Anssi, ayant accompli une dizaine d’années dans l’agence. Le problème réside dans le fait que les politiques n’ont pas compris à quoi servait le numérique : pour eux, c’est un outil d’ingénieur, au service des applications, de la maintenance.

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