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Lundi |
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20 juillet 2026 |
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Canicule et réchauffement climatique, la France avance, mais trop
lentement ...
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que la France vient de traverser son troisième épisode
caniculaire de 2026, la capacité de l’État à
respecter ses objectifs de lutte contre le réchauffement
climatique est parfois critiquée et interrogée.
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Mais qu’en est-il factuellement ? Pour la CFTC, les rapports et données
à disposition dessinent un constat clair : si
une baisse des émissions territoriales de gaz
à effet de serre depuis 1990 peut être mise
au crédit des gouvernements successifs,
l’action publique ne s’est pas assez montrée
à la hauteur de l’urgence. Les engagements
pris par la France font notamment encore
l’objet de trop nombreux retards, voire de
renoncements. Alors que la France vient de
connaître une canicule sans précédent,
certaines instances et acteurs de la société
civile ont pu dénoncer l’insuffisance des
mesures prises par le gouvernement pour lutter
contre le réchauffement climatique et s’y
adapter. A cet égard, la CFTC juge utile
de rappeler quelques données et tendances
essentielles, afin de pouvoir jauger si la
France est réellement à la hauteur des
objectifs climatiques et environnementaux
qu’elle s’est fixée.
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Des avancées indéniables,
mais insuffisantes … |
En préambule, il
convient d’abord de préciser que l’empreinte carbone de la France a diminué de 20 % depuis 1990.
Une baisse pour partie réalisée grâce à la
mise en œuvre d’un certain nombre de
politiques publiques et de normes visant au
respect d’objectifs climatiques et
environnementaux. Les émissions intérieures
françaises (activités économiques et ménages)
ont ainsi diminué de 34 % alors que les émissions
importées n’ont augmenté que de 2 %.
L’empreinte carbone hexagonale décroît par
ailleurs, en moyenne, de 2,3 % par an depuis
2009. Si ces progrès sont notables et
incontestables, de nombreuses instances et
organismes référents alertent sur
l’insuffisance des efforts déployés par
l’Etat. La Cour des Comptes par exemple, qui
– dans son 1er rapport annuel sur la
transition écologique – constate que «
malgré des progrès », la France
n’est pas sur la bonne trajectoire pour
atteindre ses objectifs climatiques et
environnementaux.
A
ce titre, le pilotage global de l’Exécutif
a parfois manqué de rapidité et de continuité,
à l’image de la Stratégie Nationale Bas
Carbone (SNBC3), qui devrait être adoptée
par décret ce jeudi 16 juillet. Ce texte
fondamental – il définit une feuille de
route qui doit permettre à la France
d’atteindre la neutralité carbone en 2050
– était initialement prévu pour être
adopté courant 2024. Mi février dernier, le
Gouvernement avait par ailleurs publié la
troisième Programmation pluriannuelle de
l'énergie (PPE3), qui fixe les
objectifs de consommation et de production
d’énergie, ainsi que les priorités
d’investissement pour atteindre la neutralité
carbone d’ici 2050. Toutefois, ce document
doit être pour partie cadré par la Stratégie
Nationale Bas Carbone (qui sera donc publiée
après), ce qui soulève un problème de cohérence
évident. |
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Trop de reculades et de
reports ... |
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Le pilotage des
politiques environnementales a aussi parfois
pu connaître des reculs regrettables, à l’image du
rétropédalage (soutenu par la France) sur
les directives européennes CS3D et CSRD.
La première vise à ce que les grandes
entreprises préviennent les risques
environnementaux et sociaux associés à leur
activité, puis prennent des mesures afin de
les réduire, voire de les éliminer. La CSRD
renforce pour sa part les obligations des
entreprises sur la publication
d’informations sur les questions
environnementales, sociales et de gouvernance.
Mi- novembre 2025, un vote du parlement européen
– salué par le président de la république
– avait toutefois largement réduit la portée
et l’impact de ces directives. Par communiqué, la
CFTC avait alerté sur ces renoncements, qui
retardent la transition écologique et
renforcent la vulnérabilité des entreprises
françaises face au changement climatique.
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Dans un ordre d’idée
similaire, la CFTC ne peut
que regretter la baisse générale des
moyens alloués à l’écologie.
Illustration avec le Fonds Vert, dont la
surface budgétaire s’est largement réduite
ces dernières années. Lancé en 2023, ce
dispositif vise à accompagner les collectivités
territoriales dans leurs investissements au
service de la transition écologique. La rénovation
énergétique et thermique des écoles – pour
la plupart peu ou pas adaptées au réchauffement
climatique – fait notamment partie de
ses attributions, qui comprennent aussi la prévention
des inondations ou la renaturation des villes.
Toutefois, les dotations de ce dispositif sont
passées de 2,4 milliards d’euros en 2024 à
650 millions en 2026, du fait des coupes et
gels budgétaires décidés par l’Exécutif.
Cette baisse drastique des financements
réduit des capacités d’investissement
locales parfois déjà très limitées, tout
particulièrement dans certains territoires
exposés. On peut notamment penser aux
Outre-mer, qui sont en première ligne face
aux bouleversements climatiques.
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Le
coût de l’inaction est bien supérieur
à celui de l’action ... |
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Début avril 2026, un
rapport du Haut conseil pour le climat (HCC)
soulignait d’ailleurs un écart important
entre les investissements actuellement
consentis par les collectivités (environ 7,7
milliards) et les besoins réels pour
atteindre les objectifs climatiques (estimés
à 19 milliards). A cet égard, la CFTC
rappelle que le coût de
l’inaction écologique sera toujours
beaucoup plus conséquent que celui de
l’adaptation et de l’atténuation.
Les scénarios du réseau pour le verdissement
du système financier (NGFS), groupe de
banques centrales dont la Banque de France est
membre, montrent que les investissements en
faveur d’un scénario « neutralité carbone
» permettraient de limiter la diminution de
PIB engendrée par les changements
environnementaux, par rapport à un scénario
à politiques constantes.
S’agissant
de la France, le scénario de statu quo des
politiques menées face au dérèglement
climatique entraînerait une
perte considérable de 11,4 points de PIB à
l’horizon 2050. Cette
perte serait toutefois ramenée à seulement 7
points en cas de mise en œuvre immédiate de
politiques d’atténuation (zéro émissions
nettes en 2050), y compris en tenant compte du
coût de la transition. La CFTC convient que
le coût de la transition écologique est conséquent
et peut sembler dissuasif, compte tenu de
l’actuel niveau d’endettement de la
France. Néanmoins, repousser ces
investissements massifs à plus tard ne fera,
à terme, que repousser et aggraver le problème,
reportant paradoxalement et injustement
l’effort sur les générations futures. |
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