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Durées
encadrées, contrôles administratifs renforcés,
avis médicaux recentrés : le
gouvernement Lecornu entend aligner les règles
de la fonction publique sur celles du secteur
privé. Nos syndicats, eux, dénoncent une dégradation
nette des garanties statutaires.
Avec plus de 400 amendements déposés
par nos organisations syndicales sur les trois
textes mis à l’ordre du jour, on savait que
le programme du dernier Conseil commun de la
fonction publique (CCFP) était chargé. Il a
d’ailleurs démarré le 18 juin après-midi
sous la présidence du ministre de l’Action
et des Comptes publics, David Amiel, pour se
clôturer le 19 juin en milieu de journée.
Une réunion dense au cours de laquelle
l’ensemble de nos organisations syndicales a
rejeté, sans surprise et à l’unanimité,
le projet de décret visant à réformer les
arrêts maladie des agents publics.
Dans un communiqué, l’entourage du
ministre de l’Action et des Comptes publics
qualifie l’adoption de ce texte de nécessaire,
notamment pour tenir compte des mesures prévues
par la loi de financement de la sécurité
sociale 2026, et ce afin de mieux
encadrer les arrêts de travail, lutter contre
les abus qui fragilisent le collectif de
travail, mais aussi assurer un meilleur suivi
des agents et faciliter le maintien dans
l’emploi, entre autres par le temps partiel
thérapeutique.
Le texte a pour objectif notamment
d’organiser les conséquences du
plafonnement des arrêts maladie. Il permet au
médecin à la fois d’apprécier la santé
du patient et de fixer un cap de régulation
initial avec un premier arrêt d’une durée
de 30 jours et une prolongation d’une durée
de 60 jours, sous réserve de l’appréciation
par le médecin de l’état de santé du
patient, souligne-t-on dans l’entourage du
ministre.
Figure aussi dans ce décret ce que
l’exécutif présente comme un allègement
de formalismes pour tous les agents, et
notamment sur l’avis préalable des conseils
médicaux qui est recentré sur la
reconnaissance initiale de la longue maladie.
Le décret implique également la mise en
place de mesures de contrôle administratif
sur la présence des agents à leur domicile
sur des créneaux horaires prévus par l’arrêt
de travail. Le ministre est très attaché à
ce que la fonction publique ne puisse être
pointée du doigt par rapport aux règles du
secteur privé, souligne-t-on dans
l’entourage du ministre. Il faut être
attentif au respect des règles pour prévenir
la fraude et les abus dont on sait qu’ils
existent aussi bien dans le public que dans le
privé.
Si
le gouvernement a accepté quelques
amendements à la marge, la teneur finale du
projet de décret représente un recul des
droits des agents publics, selon l’ensemble
de nos organisations syndicales. Il y a
clairement une perte de garanties statutaires,
et notamment en congé longue maladie ou en
congé longue durée, et aussi sur le temps
partiel thérapeutique.
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