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Alors
que la corruption dans la sphère publique
enregistre une hausse de 16 % en 2025 et que
la pression du crime organisé sur les services régaliens
s'intensifie, l'Agence française anticorruption
(AFA) a réuni pour la première fois, le 19 mai,
les administrations chargées de mettre en œuvre
le plan national pluriannuel de lutte contre la
corruption 2025-2029.
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Formation, marchés publics, dispositifs d'alerte :
les ministères ont identifié des chantiers
communs pour briser le tabou des atteintes à
la probité. La première réunion interministérielle
de suivi du comité de mise en œuvre du plan
national pluriannuel de lutte contre la
corruption 2025-2029, coordonnée par l’Agence
française anticorruption (AFA), était
organisée le 19 mai dernier. Elle
s’est tenue dans un contexte dans lequel les
statistiques publiées conjointement par l’AFA
et le ministère de l’Intérieur en
avril dernier montrent une augmentation régulière
des phénomènes corruptifs entre 2016 et
2025, avec une hausse de 16 % en 2025 par
rapport à l’exercice précédent. 40 %
des atteintes à la probité concernent des
agents publics, parmi eux, un tiers concerne
des agents de l’État, que ce soit en
centrale ou en services déconcentrés. Un
risque majeur a par ailleurs été identifié :
la pression de la criminalité organisée et
notamment le narcotrafic sur les services régaliens,
justifiant que l’État occupe une place
centrale dans le plan. |
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Ces dernières données nous apprennent également qu’au sein des
infractions de corruption, la corruption
active ou passive dans un contexte
professionnel public est la plus importante
sur la période 2016-2025. Elle représente près
des deux tiers des faits de corruption rattachés
au milieu professionnel sur l’ensemble de la
période, soit 1.530 infractions enregistrées
en dix ans. Ces faits peuvent concerner des
infractions de corruption identifiées à
l’encontre des services de police et de
gendarmerie lors d’un contrôle routier,
pour obtenir un service public, comme un
logement social, ou encore pour éviter un
contrôle, par exemple un contrôle sanitaire
qui aboutirait à un rapport défavorable.
Dans cette perspective, et dans le cadre de cette première réunion
interministérielle, les administrations
prennent conscience de la nécessité d’agir
mais aussi de s’appuyer sur les expériences
des uns et des autres pour construire des
outils, pour l’heure encore faibles, pour
faire face à de tels phénomènes.
L’idée
est de briser le tabou autour des atteintes à
la probité, commente Isabelle Jégouzo,
directrice de l’Agence française
anticorruption (AFA). C’est un sujet
difficile, un phénomène occulte qu’il est
difficile d’aborder. C’est pourtant un
sujet sur lequel il y a une véritable prise
de conscience des risques internes aux
administrations et une vraie mobilisation, car
derrière ce sujet très lourd en
signification et en poids de valeur vient la
question de la légitimité de l’action
publique. Il y a aussi la volonté de protéger
tant les agents que l’administration.
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Travailler sur l’alerte interne... |
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Lors de la réunion,
les ministères ont également exprimé le
besoin de travailler sur des sujets
transversaux, comme par exemple la formation,
notamment sur l’éthique et la déontologie
au niveau de l’État. Les participants à la
réunion se sont accordés sur la nécessité
d’avancer sur cette question autant au
niveau de la formation initiale que continue,
et ce, en partenariat avec les écoles du
service public, les instituts de formation
ministériels en lien avec la direction générale
de l’administration et de la fonction
publique (DGAFP).
4
Des besoins ont également
été exprimés au niveau des marchés publics
pour prévenir les atteintes à la probité
dans le cadre d’achats publics, thématique
sur laquelle l’AFA s’apprête d’ailleurs
à publier un guide dédié.
4
Sur les atteintes
à la probité, et c’est d’ailleurs le
reflet du plan, il y a à la fois des sujets
transversaux, mais aussi internes à chaque
administration car chacune a ses propres
difficultés, analyse Isabelle Jégouzo. Les
enjeux ne sont pas les mêmes dans des
administrations comme les Douanes ou encore le
ministère de l’Agriculture ou des Affaires
étrangères.
4
Autre sujet mis en
avant par les ministères, la nécessité de
travailler sur les dispositifs d’alerte
interne sur lesquels il reste encore beaucoup
de progrès à accomplir. En effet,
l’efficacité du système repose sur la
confiance qu’ont les lanceurs d’alerte
dans les dispositifs de signalement mis en
place, dans la confidentialité des échanges,
dans leur protection.
4
Sur la méthode de
suivi, les ministères présents à la réunion
se sont mis d’accord sur une restitution
annuelle de la mise en œuvre coordonnée et
élaborée par l’AFA en annexe de son
rapport annuel d’activité à partir de
2027.
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