|
|
|
|
|
|
France
Stratégie a publié le 13 février
une note sur la fonction publique et l'évolution
de carrière des agents des 3 versants.
Entrer et progresser dans la fonction
publique, l'intitulé de l'étude, met en relief
les dynamiques de mobilité sociale dans
la F P, établissant un parallèle éclairant
avec les évolutions dans le privé
à diplômes et origines sociales
identiques.
|
|
|
|
|
Il ressort,
in fine, que l'emploi public, dans son déploiement
de carrière, est un peu plus méritocratique
que dans le secteur privé. Voici donc
un entretien sur ce sujet avec Camille Peugny,
Conseiller scientifique de France Stratégie,
enseignant à l'Université de Versailles
Saint-Quentin-en-Yvelines.
|
|
|
|
|
9

|

|
L’emploi
public garantit-il une meilleure évolution
pour les personnes d’origine
sociale populaire, ainsi que les femmes,
que dans le privé ? |
Nous
savons tous que dans la représentation
collective, l’intégration dans la fonction
publique apporte en effet la garantie
d’une meilleure promotion sociale. On peut
affirmer en effet que, dans les faits,
un salarié de la fonction publique
d’origine modeste ou à diplôme équivalent
à celui qui suit une carrière dans
le privé a plus de chance
d’atteindre une meilleure
reconnaissance sociale. En dépit d’une image
affaiblie, une carrière dans le secteur
public peut toujours s’accompagner, pour certains
profils, d’une mobilité sociale
ascendante intergénérationnelle et offrir
la promesse d’une plus grande égalité
des chances que dans le secteur
privé. |
|
|
|
|
|
|
9

|

|
Comment
avez-vous réussi à obtenir de tels
résultats ? À partir de l’exploitation
de quelles données ? |
Nous
partons des statistiques de la grande enquête
emploi en continu de l’Insee dont
les évolutions sont étudiées depuis 2005
et dont la dernière exploitation remonte
à 2020. De même, nous avons
disséqué l’enquête sur la formation
et la qualification professionnelle (FQP)
de l’Insee qui constitue une des principales
sources d’information sur la mobilité
professionnelle, la mobilité sociale et
les relations entre la formation initiale
et professionnelle, l’emploi et les salaires.
Nous sommes partis de l’enquête sur la
formation et la qualification professionnelle
de 2014-2015, qui est la septième
version d’une enquête initiée en 1964 et
qui offre un socle stable d’analyse. Le temps
de la statistique est certes toujours en
retard sur la réalité, ce qui paraît
évident mais les grandes tendances sociétales
ne subissent que très rarement des
transformations brutales. Les chiffres
que nous avançons aujourd’hui ne sont
pas en décalage avec ce que les populations
étudiées en 2025 vivent. |
|
|
|
|
|
|
9

|

|
La
principale information de la note
reste que les cadres de la fonction
publique issus de milieu populaire
sont plus nombreux que dans le privé.
|
Oui et
certaines statistiques parlent plus que
d’autres : ainsi, les origines
populaires sont plus fréquentes chez les
cadres de la FPE (hors professeurs) et de la
FPT (autour de 25 %) que dans le secteur
privé (stagnant autour de 20 %). Le retrait
de la FPH est lié au fait que les emplois
de cadres sont des médecins qui sont
moins issus des milieux populaires. Les individus
d’origine populaire (Bac + 3 et plus)
deviennent plus fréquemment cadres dans le public
que dans le privé, mais c’est le contraire
qui se produit concernant les individus
les moins diplômés (baccalauréat ou
moins). Du côté des mobilités de
carrière, elles restent plus rares dans
le public (21 %, les trois
versants confondus) que dans le privé
(25 %). |
|
|
|
|
|
|
6

|

|
Ce
potentiel d’évolution professionnelle
peut-il avoir un impact positif
concernant l’attractivité de la fonction
publique ? |
Je ne le crois pas. Je ne pense pas que les jeunes, en début
de carrière dans la fonction publique,
aient conscience de ces possibilités
d’évolution de carrière et qu’elles représentent
un facteur déterminant dans leur choix
de rejoindre la fonction publique.
En revanche, nous démontrons un effet
de mimétisme parental, avec une surreprésentation
des enfants des agents du service
public. En effet, 23 % des salariés
du public ont un père ayant exercé
lui-même comme salarié du public,
contre 12 % des indépendants et 14 %
des salariés du privé. 35 %
pour la mère ayant travaillé comme
salariée du public, contre 22 % des indépendants
et 24 % des salariés du privé.
Lorsque les deux parents travaillent
dans le public, la probabilité est
encore plus affirmée puisque 45 % des femmes
et 32 % des hommes sont concernés.
|
|
|
|
|
|
|
6

|

|
Parmi
les trois versants de la fonction
publique, lequel favorise le plus
l’ascension vers des postes de cadre ? |
La FPE est
plus encline à constituer un espace privilégié
de mobilité sociale. On constate
cependant que les femmes et les personnes
issues des classes populaires demeurent désavantagées,
à niveau de diplôme comparable, en matière
d’accès aux emplois les plus qualifiés
ou de mobilité en cours de carrière,
dans le privé comme dans le public. Nous écrivons
cependant dans la note que
les désavantages respectifs sont
significativement plus faibles dans la FPE
et la FPT , donc nous pouvons
en déduire que la fonction publique
est plus méritocratique que le privé. |
|
|
|
|
|
|
 |

|
Vous
faites aussi le constat que la part
de l’emploi public diminue dans
la population active… |
Cette
contraction se produit depuis une vingtaine
d’années. Entre 2005 et 2020, la baisse
semble modérée, la part de l’emploi
public passant de 23,4 % à 22 %.
Cette baisse est plus significative du côté
des plus jeunes (25-39 ans), avec un recul
de 4 points en quinze ans, de 23,3 %
à 19,5 %. On peut supposer que
cette tendance sera encore plus marquée
dans les prochaines études. |
|
|
|
|
|
|

|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|