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En
2025, la France a enregistré plus de décès que de
naissances, une première depuis la fin de la
seconde guerre mondiale. Pour tenter d’infléchir
la baisse de la natalité, un nouveau dispositif
d’aide pour les jeunes parents sera notamment déployé
à partir du 1er juillet prochain : le congé de
naissance.
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Mais les moyens
déployés par cette nouvelle mesure sont-ils
vraiment suffisants, pour répondre aux réels
besoins des foyers ? La CFTC fait le point.
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Annoncé en janvier 2024
par le président Emmanuel Macron, le congé
de naissance est présenté par le
gouvernement comme une mesure de soutien
à la natalité, en déclin en France depuis
plusieurs années. Retombé en 2025 à 1,56
enfant par femme, le taux de fécondité français
est de facto très éloigné du seuil de
renouvellement de génération, fixé à 2,05.
A terme, ce phénomène de dénatalité
pourrait en outre menacer le fonctionnement du
système de protection social français – et
plus particulièrement la retraite par répartition
– du fait de la baisse significative du
ratio cotisants/retraités. |
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L’échec du congé
parental ... |
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A ce titre, ce congé de naissance vise à
encourager la parentalité, en rémunérant
pendant 2 mois chacun des deux parents. Son
montant d’indemnisation sera fixé à 70% du
salaire net le premier mois et à 60% le
second. Précisons que ce dispositif ne se
substitue pas, mais s’ajoute aux congés
maternité et paternité existants. Surtout,
il vise à pallier les insuffisances du congé
parental actuel, qui est également maintenu.
Ce congé parental permet lui aussi aux
parents salariés d’interrompre ou de réduire
(simultanément, ou chacun leur tour) leur
activité professionnelle à l’occasion
d’une naissance au sein de leur foyer, tout
en bénéficiant du versement d’une
allocation, la PreParE. Cette allocation
est cependant limitée à un montant
forfaitaire de 456,05 euros par mois pendant 6
mois, pour chacun des deux parents, dans la
limite du 1er anniversaire de l’enfant. Un
montant déconnecté de la réalité économique
des foyers, puisqu’il ne représente
qu’environ un tiers du salaire minimum et ne
compense pas la perte de revenus réels.
Alors
que les familles rencontrent souvent des
difficultés à trouver un mode de garde lors
de la première année de l’enfant, la
PreParE ne permet notamment pas de pallier ce
manque, sa faible rémunération n’incitant
pas ou peu les personnes à recourir au Congé
parental. En outre, la PreParE n’a pas
davantage permis de mieux répartir la charge
parentale, au bénéfice des femmes : du
fait du montant minimaliste de cette
prestation, le parent le mieux payé (en général,
le père), ne demande en effet pratiquement
jamais de congé parental, les mères représentant
encore 94 % des bénéficiaires du dispositif.
En conséquence, le dispositif a
progressivement périclité, son nombre de bénéficiaires
ayant chuté de 54 % depuis 2014. |
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Une
accumulation complexe de prestations
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A contrario, le congé
de naissance repose sur une mécanique
proportionnelle au revenu, sur une temporalité
plus courte. Pour la CFTC, il serait donc de
nature à être sollicité par davantage de
parents, notamment par les pères. Toutefois,
ce dispositif ne fait que s’ajouter aux
autres prestations déjà proposées aux
jeunes parents, quitte à
sur-complexifier un écosystème administratif
déjà alambiqué : entre le congé de
maternité, de paternité, d’adoption, le
congé parental d’éducation, les congés
pour enfant malade, de présence parentale ou
encore de solidarité familiale, le salarié
doit en effet faire face à une accumulation
de prestations.
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Ce
manque de clarté et de visibilité peut être
inadapté aux besoins des parents, alors que
le temps consacré à l’enfant reste la
première préoccupation des foyers : les
parents concernés peuvent notamment ne pas être
au courant de l’ensemble des mesures dont
ils peuvent bénéficier, ou alors être
simplement découragés à faire valoir
certains de leurs droits. |
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Un progrès notable,
mais pas encore à la hauteur des enjeux
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Cette création du
congé de naissance comble partiellement les
attentes de la CFTC. Si son niveau
d’indemnisation est significativement plus
élevé (70%, puis 60% du salaire) que celui
du congé parental, notre organisation estime
qu’il devrait être encore plus incitatif.
En outre, la limite de deux mois fixée par la
loi pour ce dispositif est jugée trop courte,
alors que les moyens du service public de la
petite enfance ne sont toujours pas à la
hauteur des besoins des familles.
A
cet égard, la CFTC propose plutôt la création
d’un congé pour les jeunes parents d’un
an véritablement rémunérateur, basé sur 80
% du salaire antérieur, qui se
substituerait au congé parental déjà
existant. Ce congé pourrait être pris à
temps partiel partagé entre les deux parents,
afin de favoriser une organisation domestique
plus égalitaire. Parallèlement, notre
organisation appelle aussi à regrouper la
multitude de congés familiaux existants
(maternité, paternité, enfant malade, deuil
parental, etc.) sous une dénomination unique.
Cette simplification permettrait non seulement
d’améliorer la visibilité des droits pour
les salariés, mais aussi de protéger les
parcours professionnels.
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Lever les autres freins
à la natalité ... |
Enfin, si la CFTC estime
qu’il est nécessaire de mieux accompagner
financièrement les jeunes parents, elle
souligne également que la décision de
fonder ou d’agrandir une famille relève
d’une multiplicité de facteurs. Davantage
indemniser les foyers après la naissance
d’un enfant est donc nécessaire, mais pas
suffisant. Pour ne pas décourager le désir
d’enfants, de nombreux autres enjeux doivent
faire l’objet de mesures et de politiques
publiques ambitieuses. Entre autres exemples,
la CFTC milite pour que davantage de moyens
soient consacrés au service public
d’accueil de la petite enfance, notamment
via la création de 200.000 places en crèches
supplémentaires. En outre, selon les premières
observations d’une mission d’information
de l’Assemblée nationale sur les causes de
la baisse de la natalité en France, c’est
l’accès au logement qui est le premier
frein à la natalité. A cet égard, permettre
à davantage de jeunes travailleurs d’accéder
à la propriété – ou à des loyers plus
accessibles – pourrait aussi leur permettre
de réaliser leur désir de parentalité. |
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