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  Samedi
           14 mai  2022
                           à 8 h 00
            
       

 

Dans un référé, la Cour des comptes demande une plus grande automatisation des vérifications d’identité bancaire par les organismes sociaux pour lutter contre les détournements de prestations sociales. Un chantier amorcé il y a dix ans par notre administration, la DGFiP, mais qui n’a toujours pas abouti.

 
               
         
 

             Pierre Moscovici

Ce n’est pas la solution miracle, mais la plus élémentaire. Le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici demande à l’administration des efforts supplémentaires pour généraliser le croisement des données des organismes de sécurité sociale avec le fichier national des comptes bancaires et assimilé (Ficoba) de notre DGFiP. Objectif : réduire les fraudes aux prestations sociales, dont le montant reste difficile à estimer. L’automatisation de ce croisement permettrait de s’assurer de manière systématique que les prestations sont versées sur le bon compte bancaire. Si les organismes de protection sociale ont pris, souvent en urgence, diverses mesures destinées à prévenir les risques de détournement, force est de constater qu’ils ne procèdent pas suffisamment à la mesure simple consistant à rapprocher les coordonnées bancaires qu’ils utilisent pour opérer leurs règlements, avec le fichier Ficoba, qui recense, sous certaines limites, les coordonnées bancaires des résidents français déclarées par leurs banquesécrit Pierre Moscovici dans un référé adressé le 9 février aux ministres de la Santé, de l’Economie, et des Comptes publics

            

Selon la Cour des comptes, les fraudes aux prestations sociales détectées ont augmenté et restent importantes par rapport à d'autres secteurs économiques : 4 milliards d’euros en 2020, soit 2,5 % du total des montants détournés repérés par la Banque de France, alors que la sphère sociale ne pèse que pour 2 % du total des règlements par virements bancaires. L’usurpation de coordonnées bancaires par des tiers malveillants afin de bénéficier de prestations injustifiées fait intervenir deux schémas fréquents : le changement frauduleux de RIB afin de détourner des prestations versées à bon droit, qui peut notamment être réalisé par hameçonnage (phishing) ; la création de faux dossiers ou la réactivation frauduleuse de dossiers existants, accompagnée de la prise en compte de RIB frauduleux, constatait la Cour des comptes dans un rapport de 2020 sur la lutte contre les fraudes aux prestations sociales pour le compte du Sénat. Celui-là même auquel fait suite le référé publié lundi 9 mai.

            

La Cour regrettait, déjà, la trop faible consultation du Ficoba par les organismes de protection sociale : l’Assurance maladie, la Caisse nationale des allocations familiales, la Mutualité Sociale Agricole ou encore l’Agirc-Arrco. Ils sont pourtant, avec Pôle Emploi, autorisés depuis 2007 à consulter ce fichier national opéré depuis 50 ans par la DGFiP, justement pour vérifier que les prestations sont versées aux bonnes personnes. Cette consultation a ensuite été facilitée en 2017, mais le chantier informatique lancé en 2015 entre la direction de la Sécurité sociale, la Cnav et la DGFiP pour vérifier automatiquement l’identité des titulaires de comptes bancaires grâce au Ficoba ne semble toujours pas porter ses fruits. Le principe de ce projet a été arrêté il y a plus de dix ans. Cependant, dix reports successifs de la date de mise en service des échanges sont intervenus entre 2018 et 2021, rappelle la Cour, tout en invitant la DGFiP à résoudre dans les meilleurs délais, les difficultés techniques qui empêchent la mise à disposition de l’accès à Ficoba à l’ensemble des organismes de protection sociale. 

              

À ce jour, seule la Caisse nationale des industries électriques et gazières a effectué un tel rapprochement avec  Ficoba, selon le référé de la Cour. Aucun des autres organismes - caisses d’allocations familiales, caisses d’assurance maladie, caisses et autres organismes de retraite, Pôle Emploi - n’a procédé au rapprochement de son stock de coordonnées bancaires avec  Ficoba et n’effectue de manière systématique celui des nouvelles coordonnées reçues, déplore-t-elle. Encore aujourd’hui, la CAF ne fait ce rapprochement que pour 18% des nouvelles identités bancaires, l’Assurance maladie dans 30% des cas, et l’Assurance vieillesse dans seulement 6% des cas. Des aveux même de la Cour dans son rapport de 2020, les détournements de prestations ne sont pas les fraudes les plus fréquentes, mais les plus simples, selon elle, à éviter. 

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